30 septembre 2011

Mi sono divertita. Arrivederci e grazie.

Il fallait bien que cette folle parenthèse s’achève un jour. Une chance inouïe m’avait offert la joie de trois petits mois de sursis. Depuis janvier, chaque matin, je passais le portique de sécurité avec cette impression grisante de glisser à l’envers du décor, parcourais avec un bonheur presqu’exalté ce long couloir jusqu’à la Cour des Archives et gagnais mon bureau avec un empressement faussement dissimulé. Depuis janvier, je savourais l’instant.

Il y aura eu quelques tâtonnements, une crainte maladive de n’y rien comprendre, de s’échouer dans ces règles obscures et séculaires, ces dogmes surannés et ces carcans dont seule notre administration a le secret. Il y aura eu la joie du décryptage, parfois lent, de l’élaboration douce de références essentielles, de la compréhension des mécanismes, des codes et de ce qui parfois, se dévoile entre les lignes ou au détour d’un couloir. Il y aura eu la peur aussi. Celle qui tenaille au ventre. Celle de l’échec ou de l’erreur, de la déception, de la désillusion, du ridicule. Il y aura eu ces noms, comme tous les saints d’un chapelet, que j’avais fini par apprendre par cœur, et sur lesquels je mettais peu à peu des visages, des caractères, des attitudes. Il y aura eu ce sentiment terrible et merveilleux de n’évoluer que parmi des êtres à l’intelligence aiguisée, l’esprit vif, la réflexion foudroyante. Et cette chance, décidément, d’être aux premières loges pour apprendre de ces êtres-là.

Ces quelques mois auront été émaillés d’euphories, d’amusements, de rires et de quelques complicités. D’amitiés naissantes, peut-être – il est trop tôt pour le dire, et d’un respect infini. Oserais-je dire même que l’admiration devint une compagne quotidienne. Il en fallait parfois peu : je suis sensible à la précision des mots et je pus me délecter de la virtuosité dont ils faisaient l’objet entre ces murs. Le ciselage du langage est un métier. On dit avec une palette tout et son contraire, selon l’agencement choisi, le ton, la ponctuation. Ces précautions devaient parfois conduire à quelques étonnements, quelques indignations, quelques déconvenues. Ce furent autant d'enseignements. 

Il y a ce qui devait devenir aussitôt une kyrielle de souvenirs à la saveur d’exception : un atlas d’Asie centrale et des explications éclairées sur le jeu des frontières, les lieux dont les portes closes ne s’ouvraient que pour nous, trois tableaux dont même à force d'observation forcenée je n'aurais toujours pas percé le mystère, des télégrammes qui se lisaient comme des romans, des mains que l’on ne serrera peut-être qu’une seule fois dans l’existence mais cette fois-là restera profondément ancrée, des chocs culturels aussi et les instants presqu’insignifiants qui pavent l’esprit d’une étrange nostalgie.

J’ai tout aimé de ce passage au Quai d’Orsay. J’y ai plus appris qu’en cinq années d’études. Et il semble bien que j’y aie un peu grandi.

Merci. 

 

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22 septembre 2011

New York e le nuvole.

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20 septembre 2011

New York.

Je suis à New York pour quelques jours, ces quelques ultimes jours où j'officie encore pour la diplomatie française, avant de retrouver la vie étudiante pour un an de sursis. Ultimes jours paroxystiques puisque New York n'est pas une récompense (encore que je pourrais considérer ce déplacement comme tel), mais bel et bien du travail. Soixante-sixième Assemblée Générale des Nations-Unies. Enfin ça, ce sera d'ici quelques heures. Pour l'instant, je redécouvre cette ville avec d'autres yeux pendant cette courte période où j'y suis absolument seule - de l'intérêt de jouer au poisson pilote. Et New York seule n'a pas du tout la même saveur. Au lieu de m'y sentir petite, je m'y sens minuscule...

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Times Square. Hier soir. Passer par là un peu comme une fatalité.

 

Have a nice day...

05 septembre 2011

Bianco e blù. Un elogio.

Cet été, comme une étape ou un intermède entre les visites frénétiques en Grèce continentale et à Istanbul, nous avons posé nos bagages à Santorin quelques jours. Quelques jours où nous avons tant bien que mal appris à éviter les flots de passagers descendus des bateaux de croisère qui envahissaient quotidiennement l'île, jusqu'à provoquer des embouteillages piétons bien pires que ceux que connaît la Gare Saint-Lazare un jour de grève. Le contrecourant semblait notre seul salut. D'où visite de Oia à sept heures du matin. De Santorin, c'est peut-être ce qui m'aura le plus marquée, cette ferme volonté d'éviter la foule. Pour le reste, je m'enthousiasmai presqu'inlassablement de cette dualité bleue et blanche, à peine perturbée parfois par quelques taches de couleurs, du paysage sublime de la caldera et des nuances étonnamment rouges du crépuscule. L'impression d'évoluer perpétuellement dans une carte postale a chatouillé mon obsession d'images estivales mais la magie de "l'appropriation", celle qui me fait dire parfois "je n'attends que d'y revenir", n'aura pas totalement opéré... En trois jours, nous avons sillonné toutes les routes de l'île, carte à l'appui. Santorin restera celle des souvenirs parfaits de cet été idéal, du paroxysme de l'instant et d'une illusion de farniente. Et celle de l'émerveillement.

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À bientôt.

22:11 Écrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (5)