04 mai 2012

L'isola maltese.

Un dernier épisode maltais – avec quelques jours de retard… 

L’île est très peu étendue (27km sur 12) et le rapport aux distances assez perturbant – nous avions souvent l’impression d’arriver à destination avant même d’avoir parcouru le moindre kilomètre.

Malte abrite quelques mystérieux temples mégalithiques, dont les secrets sont loin d’êtres élucidés, classés au Patrimoine mondial. Mon obsession pour la question ne pouvait que nous y conduire. Sur l’éventail de sites répertoriés, nous avons choisi celui de Hagar Qim, sur les conseils de plusieurs Maltais, qui nous assurèrent que son emplacement en bord de mer lui donnait une addition de splendeur. Lorsque nous arrivâmes, les temples étaient déserts et nous pûmes prendre la mesure de leur caractère exceptionnel : des blocs de pierre de plusieurs tonnes, disposés en des cercles parfaits, qui selon toute vraisemblance étaient couverts d’un toit à l’origine, et qui recèlent plusieurs absides sur lesquelles toutes les suppositions furent formulées. Il semblerait toutefois que le site abritait un oracle. Un chemin sillonne sur quelques centaines de mètres dans la lande méditerranéenne et permet d’observer l’îlot de Fifla avant de gagner le second ensemble : le temple de Mnajdra. Celui-ci présente un alignement astronomique particulier : les rayons du soleil atteignent ainsi le cœur des temples au équinoxes.

La suite de notre visite nous conduisit à Mdina, une ravissante cité fortifiée au centre de l’île, et qui, ce week-end-là honorait ses traditions médiévales. Les quelques rues sinueuses s’articulent autour de la cathédrale et d’élégants palais, aux retouches baroques après un incendie qui abîma la ville au XVIIème siècle. Nous pûmes y entendre une version tout à fait originale de « I Like to  Move It » au son de vielles et de musettes…! Nous prîmes ensuite le chemin de Golden Bay, la plus grande plage de l’île pour y goûter l’eau – déjà douce en cette saison, et regarder les kite-surfers qui s’y étaient donné rendez-vous pour profiter du vent à écorner les bœufs qui nous avait assaillis toute la journée.

Je vous laisse en compagnie de quelques clichés.

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Ci vediamo !

28 avril 2012

Intermezzo.

L'orchidée que je croyais retrouver assoiffée après un mois d'absence. Terrible erreur quant à sa  résistance. 21 fleurs à mon retour, que je ne me lasse pas de contempler en travaillant - à défaut du soleil sur les toits de Londres...

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Ci vediamo !

14:26 Écrit par Emeline dans DolceVitaPensata | Lien permanent | Commentaires (0)

27 avril 2012

Valletta. La scoperta.

Dès le lendemain, nous partîmes vers La Valette… à pieds ! Un peu plus de six kilomètres nous séparaient de la capitale, et après une averse matinale, le ciel s’était dégagé, laissant la lumière méditerranéenne reprendre ses droits. La balade suivait le découpage de la côte, où se dessinaient les petits ports émaillés de chaloupes colorées, bordés souvent d’une architecture hétéroclite, entre maisons traditionnelles en pierre dorée et immeubles contemporains. Il y a assez peu de plages à Malte, et la côte est surtout formée de rochers, aménagés pour la baignade. L’eau y était d’une clarté saisissante.

Au détour d’une rue de traverse à Sliema, nous nous retrouvâmes devant le port de Marsamxett, d’innombrables voiliers et la vue la plus célèbre de la Valette. Une silhouette de remparts, d'une coupole et de clochers. La pierre ambrée promettait de livrer toutes ses plus belles nuances au crépuscule. Après quelques errances sur les fortifications de la ville, nous pûmes finalement accéder à son avenue centrale. La Valette est la première cité européenne édifiée selon un plan en damier. Et comme elle trône sur un promontoire rocheux avancé sur la mer, on aperçoit les flots au bout de chaque rue.

Les oriels continuèrent de me fasciner, ils s’accumulaient le long des façades et des ruelles en dévers, un amoncellement de fenêtres, de câbles et de lampadaires. Et comme les stigmates de la présence britannique – jusqu’en 1964, quelques cabines téléphoniques et boîtes aux lettres rouges ponctuaient l'ocre. Nous gagnâmes la co-cathédrale Saint-Jean, un chef-d’œuvre du baroque. Sous des airs faussement austères, elle recèle un étonnant sol en marbre polychrome, une rutilante nef, des fresques éthérées et surtout, deux Caravage cachés dans l’oratoire.

Après ce choc esthétique, nous tentâmes de rejoindre les Trois Cités, sur l’autre rive du Grand Harbour.  Depuis Vittoriosa, la vue sur la Valette est agréable mais elle n'égale pas celle de Sliema. Nous contemplâmes l’entrée du port, presque hypnotisés pendant quelques minutes, le temps que les bancs alentours soient envahis d’autres touristes français, et revînmes vers la ville des Chevaliers pour une glace italienne sur la place de la République. 

Le courage nous manqua pour refaire le chemin inverse jusqu’à Saint Julian à pieds et nous fîmes le trajet dans l’un de ces bus maltais antédiluviens... À croire que les secousses du véhicule sur la chaussée inégale firent office de berceuse : je m’endormis jusqu’à l’arrivée… !

 

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La suite des aventures maltaises, et une visite du reste de l'île lundi ! 

Ciao tutti, una bella serata !

25 avril 2012

Malta. L'arrivo.

Nous avions quelques jours d’échappée mi-avril. Restait à trouver la destination. Nous rêvions de vieilles pierres, de la Méditerranée, et d’un lieu que ni l’Homme ni moi ne connaissions. Et qui ne serait pas l’Italie. Parce que nous arpentons tous les recoins de ce pays à la moindre occasion et qu’il est salutaire, parfois, d’orienter sa boussole ailleurs – pour mieux y retourner… Malte s’imposa. J’y songeais depuis longtemps. Des cours d’histoire moderne, en licence, sur les échanges et les guerres en Méditerranée au XVIème siècle avaient dessiné un halo de mythe autour de ce petit pays et j’ai toujours aimé la sensation de me trouver à des carrefours où les cultures se croisent. 

Comme d’autres côtes de la Mer Intérieure, l’île a été abîmée par le tourisme et le souci de pouvoir loger trop de visiteurs aux mois d’affluence. Nous séjournions ainsi à Saint Julian’s, dans l’un de ces hôtels, à l’élégance froide et surjouée, aux airs de paquebot sans charme, et qu’il suffirait de transposer dans un autre cadre, sans la moindre retouche. Le petit-déjeuner en revanche s’est classé dans notre panthéon personnel – et nous avons nos exigences en la matière ! Enfin, Malte ne regorge pas particulièrement de perles hôtelières, discrètes et gracieuses – sauf ce palais baroque à M’dina, mais à un tarif prohibitif.

Notre arrivée sur l’île fut quelque peu chaotique. De nuit, une voiture avec le volant à droite, des indications confuses, une heure d’errance pour parcourir 7km dans la métropole de la Valette avant d’apercevoir l’hôtel, l’incompréhension la plus totale quant à la manière d’y parvenir… L’esprit épuisé d’une concentration intense, de la crainte de percuter un rétroviseur ou un trottoir, de la forte inclination des locaux à recourir au klaxon. Au détour de ce périple, quelques repères : les remparts de la Valette, les incursions de la mer dans un découpage de criques, de baies, de ports, et ces oriels sur les façades qui devaient assez vite devenir mon obsession.

Lorsque nous posâmes nos valises, nous avions atteint un état d’exténuation mentale presque paroxystique. Mais la curiosité l’emporta et nous fîmes une première promenade nocturne dans ce quartier balnéaire de Saint George’s Bay, qui s’éveille au crépuscule et s’émaille de bars, de lounges et de restaurants que viennent envahir les tubes de l’été dernier et une effervescente jeunesse. Près de la plage, nous repérions déjà, pour le lendemain, un établissement alléchant qui servait une soupe de poissons fraîche et des plats aux tonalités… italiennes... Tous les chemins etc. 

La suite, très vite. 

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Saint George's Bay. La plage. Ne pas se fier aux ravissantes maisons colorées. Notre hôtel (à deux pas), avait 17 étages... 

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Quelque part entre Marseille, Syracuse et Tanger...

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Les bateaux de pêche.

 

Ci vediamo.

23:34 Écrit par Emeline dans DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (2)

09 avril 2012

Gary.

Il est des œuvres qui, dès la première page, provoquent l’émerveillement. Les mots tombent au plus juste, leurs contours se dessinent précisément dans un esprit concentré. L’amoncellement de phrases donne corps au récit et l’imaginaire d’un autre vient envahir le nôtre. À la frontière de l’illusion, un art qu’il maîtrise mieux que personne, Gary nous entourloupe dans un roman qui édifie l’idéal d’Europe, entre les rêves embrumés d’un ambassadeur de France à Rome, une baronne fantasque échappée d’un autre âge, sa fille et ses chimères. Je savoure. Je le commence à peine. Une petite centaine de pages, dévorée aujourd’hui. Mais je retrouve intact l’enchantement de Gary. Ce sentiment d’extase, presque, à lire ses phrases à l’équilibre parfait, qui me décrochent des soupirs de bonheur au fil des pages. Un sentiment rare, mais que lui et Yourcenar suscitent toujours.

Je vous laisse en compagnie de la première page… Celle du premier éblouissement.

« Danthès fouillait la route du regard depuis l’aube. Il n’avait pas dormi. Ses nuits étaient devenues des états de demi-conscience où se mêlaient dans un au-delà confus et crépusculaire des bribes de pensées à la dérive, le sourire d’Erika, le visage de sa mère et celui si énigmatique du Baron, ainsi que des échos intérieurs que les mots à peine formés éveillaient aussitôt dans leur chute aux résonnances multipliées de chambre sonore. Lents glissements des nuages sur la lune, vagues contours des meubles, craquements du parquet qui ponctuaient d’invisibles mouvances… Le Temps s’éternisait, laissait ses divisions au repos dans leurs bivouacs, ménageait les apparences de durée et faisait semblant de croire aux œuvres de longue haleine. »

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Ci vediamo.