20 janvier 2012
Fuchsia.
Je croyais m’en être débarrassée avec la fin de l’adolescence, l’avoir relégué au fond de cartons où l’on enterre ce qui mérite d’être oublié, ces fâcheux instants d’égarement vestimentaire à l’âge où la mode n’était ni un centre d’intérêt, ni une préoccupation. Je m’étais secrètement juré de ne jamais y revenir. Pas même par petites touches.
Pourtant…
Il est réapparu de manière insidieuse l’an dernier, au détour d’un anniversaire. L’Homme avait décidé qu’il fallait « quelque chose de joli, quelque chose de simple, quelque chose de beau »*. Une adresse du Faubourg Saint-Honoré honorait ces trois conditions, à force de savoir-faire séculaire, de lignes pures et de matières nobles. Mon cœur penchait pour un grand carré de soie jaune, entre la jonquille et le soleil. Une nuance qui me hante depuis des années et que j’avais retrouvée au hasard d’une page du magazine Air France lors d’un vol Paris-Rome qui annonçait le printemps. J’avais conservé l’image. Mais du drame d’un anniversaire en juin, les empressées de la mode étaient passées avant moi et avaient raflé jusqu’au dernier de l’objet convoité. L’Homme suggéra l’alternative, d’autres couleurs. Et en dépit de toutes les promesses, d’une méfiance farouche à l’égard de son air de framboise estivale, la magie opéra. Et quelques douze ans plus tard, il rappliquait, avec l’orgueil de celui qui a gagné son pari.
Quelques semaines plus tard, il y a eu une teinte de rouge à lèvres – moi qui n’en portais jamais, croisée là, comme une évidence. Depuis, un impalpable déferlement. Et comme si la victoire n’avait pas déjà été totale, mille imperceptibles tentations dans cette exacte même tonalité deviennent autant de convoitises.
Ainsi, « le fuchsia non plus n’est pas muet »**.

Ciao !
* Prévert, bien sûr.
** Colette, qui d'autre ?
16:58 Écrit par Emeline dans DolceVitaModa, DolceVitaPensata | Lien permanent | Commentaires (1)
15 janvier 2012
Le piccole gioie.
Il faut que je vous dise… Je passe mon temps à me plaindre de la vie à Londres. Et il faut bien reconnaître que j’en ai un peu honte parce que ça tient parfois de la mauvaise foi. Il y a ici quelques moments qui tiennent de l’exception et qui, déjà, figurent au panthéon de mes souvenirs étudiants. Il aura fallu traverser la Manche.
Il y a ce je-ne-sais-quoi. Le saut dans l’inconnu pour la plupart d’entre nous, le cosmopolitisme – ce que j’avais adoré dans mes années d’avant l’université et qui m’avait terriblement manqué depuis, la notion du temps qui file, l’équilibre parfait entre conversations graves et plaisanteries qui fusent, les rires, la nécessité d’engranger des connaissances sans faillir, la sérénité des professeurs, et surtout, surtout, cette capacité à ne pas se prendre au sérieux. Par exemple tenez, il n’y a rien d’étrange dans le fait d’avoir cours avec quelques éminents spécialistes des relations internationales et de les voir sur scène pour animer notre soirée de nouvelle année. À chanter tout le répertoire des Rolling Stones ou à gratter la guitare sur les mesures de Kings of Leon ou Wheatus, voire même à se déhancher sur la piste !
Et il y a aussi les journées de beau temps, les parcs et les squares toujours proches et ces parenthèses de verdure au milieu de la ville. L’inlassable course des écureuils, la silhouette cocasse des poules d’eau, les oiseaux indéterminés, les reflets des saules pleureurs et les couleurs changeantes sur les étangs. Des promenades toujours salvatrices, l’occasion de s’échapper de la frénésie de la ville et de trop de travail. Je retrouve dans ces îlots de calme le même émerveillement qu’à Paris, à ceci près que ce n’est pas l’architecture qui m’émeut.
Ou de la délocalisation de la dolce vita.

Ciao !
22:14 Écrit par Emeline dans DolceVitaPasseggiata, DolceVitaPensata | Lien permanent | Commentaires (0)
09 janvier 2012
Lucca.
De retour sous le plafond londonien, avec, à l'âme, quelques résidus de blues d'avoir laissé les êtres chers de l'autre côté de la Manche, il est temps de vous parler de Lucca. Un saut à pieds joints dans cette délicieuse échappée italienne, des vacances qui avaient l'ambition assumée de rechercher la lumière, à chaque instant du jour.
Lucca était notre dernière étape italienne. À chaque fois que j'avais auparavant pu m'échapper en Toscane, je n'avais fait que contourner la ville, en route vers Sienne le plus souvent. Ce n'était pas faute pourtant d'en avoir entendu les plus jolis éloges et d'avoir constaté que le Michelin et le Guide Bleu lui attribuaient trois étoiles. C'est dire ma culpabilité de n'avoir visité cette magnifique cité que 7 ans après ma première incursion sur ses terres.
Situons-nous un peu : Lucca est une version miniature de Rome avec quelques accents pisans. La ville est fortifiée, son enceinte encore intacte, et en son sein, elle recèle des façades colorées, toute la palette qui m'est chère. Elle s'égrène au fil de places, de placettes, de cours et de quelques artères commerçantes, elle se hérisse d'une kyrielle de tours, de campaniles et de clochers et surtout, elle est sillonnée de vélos plus élégants les uns que les autres.
Mais plutôt que les mots...





Ci vediamo !
19:48 Écrit par Emeline dans DolceVitaCultura, DolceVitaPasseggiata, DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (0)
06 janvier 2012
L'anno nuovo.
Il était temps, un 6 janvier, me direz-vous. Il semble que cette année, je sois très en retard dans mes voeux. Alors pour oublier ce terrible délai, je vous souhaite une merveilleuse nouvelle année, avec autant d'accents italiens que possible. Et pour commencer, les premières images hivernales de Toscane, où j'ai passé quelques jours, en quête de lumière, de douceur et de toutes les nuances de l'ocre.

Très vite, davantage de ces images, et surtout, un récit de Lucca. Coup de foudre absolu.
Ci vediamo !
14:47 Écrit par Emeline dans DolceVitaSpeciale, DolceVitaViaggio | Lien permanent | Commentaires (2)
20 décembre 2011
Prima di Natale.
Un retour parisien, des vacances, des amis, l'envie de nouveautés et le souci de plaire. Le merveilleux talent de Sylvie et la délicatesse.
13:37 Écrit par Emeline dans DolceVitaAmici, DolceVitaModa | Lien permanent | Commentaires (3)

